Mot du Directeur Général
Mesdames et Messieurs,
Les derniers rapports sur le développement humain du PNUD révèlent aujourd’hui, la situation plus que préoccupante des pays en voie de développement africains. Au faible niveau de la croissance économique et de l’emploi, s’est ajoutée une baisse généralisée du niveau de vie, qu’aggrave chaque jour, l’accroissement démographique. Pour beaucoup d’africains, le secteur informel semble le seul espoir d’un minimum vital.
Cette augmentation de la pauvreté dans un environnement mondialisé, qui va à l’encontre des objectifs du Millénaire, situe aujourd’hui, l’importance et la nécessité de réfléchir ensemble sur les modalités d’une couverture sociale efficiente à l’ensemble de nos populations. Les théories de la croissance endogène, montrent en effet, que la sécurité sociale permet de lutter contre la pauvreté, par la sécurité de revenu qu’elle assure à chaque travailleur et à sa famille d’une part, et la redistribution qu’elle assure dans la société dans son ensemble, d’autre part.
Je salue donc l’initiative de l’AISS qui, en inscrivant à l’ordre du jour de la Conférence de Libreville le thème : « Régimes de Sécurité Sociale dans les Petits Pays » a décidé de jeter un regard attentif sur les difficultés de nos régimes de sécurité sociale. Le terme petit pays n’a ici, ni un sens péjoratif, ni un sens économique. Il désigne simplement les pays qui ont un niveau et une qualité de protection sociale encore faible.
Dans ces pays, seuls les salariés du secteur privé dit formel, et encore, bénéficient d’une prise en charge en terme de prestations sociales : soins de santé, prestations familiales, couverture des risques professionnels, prestations de vieillesses, etc. Les salariés du secteur informel qui pourtant représentent une grande partie de la population active, ne bénéficient d’aucune protection sociale. Quant aux fonctionnaires, bien que jouissant d’une relative protection sociale dans la plupart des pays africains, elle n’est réelle que pour les pensions et les allocations familiales. Les autres prestations telles la prise en charge des actes médicaux dans les hôpitaux publics ou privés, dont le coût représente environ 20 à 70% de leur salaire demeure à leur charge.
Au problème du faible niveau de couverture sociale peint ci-dessus, s’ajoute celui de son financement et des moyens à mettre en œuvre dans le contexte de pauvreté des petits pays, au regard de la faible intermédiation financière qui les caractérise.
En m’appuyant sur l’article 22 de la déclaration Universelle des Droits de l’Homme et l’article 9 du Pacte International relatif aux droits économiques, sociaux et culturels qui font de la sécurité sociale, un droit humain fondamental, dont peut et à mon avis doit bénéficier tout être humain, outre les thèmes retenus, je vous invite au cours de cette conférence de Libreville à réfléchir ensemble et à envisager des réponses aux questions suivantes :
- Comment étendre la sécurité sociale à toutes les couches de nos populations ?
- Comment prendre en compte le secteur informel ?
- Comment financer une telle sécurité sociale ?
- Quelles sont les modalités pratiques ou les dispositions à prendre pour l’effectivité d’une telle réforme ?
- Peut-on mettre en place une loi de financement de la sécurité sociale ?
- Comment articuler le financement de la protection sociale avec le coût du travail, la compétitivité des entreprises et l’emploi ?
- Est-il possible de mutualiser nos moyens matériels et humains pour minimiser les coûts de mise en œuvre d’une sécurité sociale efficiente pour nos Etats ?
Je vous remercie.
Antoine DANGOUALI YALANZELE
Directeur Général de la CNSS du Gabon

